Extraits de presse par ordre chronologique

« Le groupe n'est ni étranger au canton, et encore moins à la création. Créer à partir du territoire, un défi ? Il a fallu d'abord y séjourner, prendre le pouls durant un été, en menant au passage un atelier musique avec les habitants et les guides. Puis se lancer dans un premier jet, avec la complicité des enfants des écoles, des instituteurs, et de Francepol, qui a créé le théâtre d'ombres : mis en scène en juin dernier, le succès ne s'est pas fait attendre, incitant l'équipe (...) à explorer des chemins de traverse. (...) L'épopée d'Hannibal est ainsi rejouée, sous nos yeux, dans une ambiance feutrée, où le théâtre d'ombres plonge le spectateur directement dans l'imaginaire. Et si c'était vrai ? Les hommes marchent, les éléphants pachydermiques franchissent les cols, au son des cors, des trompettes et du cor des alpes. Le rythme accompagne le pas, parfois lent, parfois enjoué, voire fiévreux lors des batailles. Capoue et sa douceur de vivre ne sont plus loin, juste au bout de la piste, non loin, peut-être juste derrière le col ? »
Le Dauphiné Libéré - 13 août 2003

« (...) Un rideau blanc est tendu au fond de la scène. Derrière lui évoluent des silhouettes à la manière du théâtre d’ombres chinois. Sur cet écran sont projetées des images tantôt figuratives (forteresses, combattants…), tantôt abstraites et irréelles.
Les musiciens ne s’appuient pas sur un schéma harmonique ou thématique initial. Sans aucun continuo non plus (à la manière baroque par exemple), ils ont pour seul fil conducteur un canevas écrit qui indique les différents épisodes du récit. À partir de là, c’est par une écoute très intuitive des uns des autres qu’ils réalisent une série de séquences musicales totalement improvisées qui s’enchaînent pendant plus d’une heure, donnant une impression à la fois de fluidité spontanée et de grande cohérence.
Très libre par rapport à la musique sérielle ou électronique, le langage est riche par contre en alchimies sonores dont certains micro-intervalles évoquent peut-être la musique spectrale d’un Tristan Murail. Les lumières de Jocelyn Pras contribuent pour beaucoup au dépaysement dans le monde lointain et fantasmagorique de l’épopée.
Il est assez fascinant de penser à une œuvre qui existe en dehors de toute trace écrite, pendant le seul temps où elle se déroule. Œuvre virtuelle ? Non, plutôt œuvre-Protée qui révèle un nouveau visage chaque fois qu’elle est jouée. Une forme d’art très actuelle et qui renoue en même temps avec les plus anciennes traditions musicales. (Témoignage d’un spectateur : Roger Thoumieux) »
GAM INFO - janvier 2003